La recherche est un point fort de notre université. La communauté scientifique de l’UPS peut être fière de son potentiel et de son dynamisme. Cependant, les acteurs de la recherche subissent une bureaucratie croissante. Il faut engager une politique volontaire de soutien à la recherche
qui permette à tous les personnels impliqués de se concentrer sereinement sur leurs missions, de consacrer l’essentiel de leur temps à faire de la recherche.
Le contexte de la montée en puissance du financement sur projets à court terme (ANR, 7e PCRD, AO Région etc.), la prolifération des emplois précaires et l’établissement d’une politique sélective dite « d’excellence » (LABEX, IDEX) laissent la plupart des laboratoires sans possibilité d’investissement à court et moyen terme, et leur personnel dans l’inquiétude voire en déshérence. Nous voulons construire ensemble une politique scientifique cohérente, assurant aux chercheurs, aux laboratoires un environnement pérenne.
Les principes fondateurs de notre politique scientifique, dans l’université (Conseils, Pôles, Laboratoires) comme sur le site (PRES et partenaires), sont ceux d’une gouvernance démocratique, favorisant le débat d’idées, l’émergence des initiatives, la mise en cohérence des projets, et assumant finalement les choix retenus collégialement dans une gestion transparente.
Une organisation de la recherche collégiale et démocratique
La multiplication des structures officielles et informelles génère de l’opacité. Personne ne comprend véritablement comment elles fonctionnent, ni qui décide et dans quel but. Une clarification est nécessaire sur le rôle des différentes instances et l’articulation de leur périmètre de compétences. Un principe directeur guidera notre action : le respect d’un fonctionnement collégial fondé sur une représentation démocratique.
Le Conseil scientifique de l’UPS, légitimé par l’élection, élaborera les orientations, la stratégie et pilotera la mise en œuvre de la politique de recherche de l’UPS.
Le Conseil Scientifique (CS) travaillera à la définition d’une véritable stratégie scientifique fondée sur un dialogue permanent avec les représentants des laboratoires. Ses votes seront respectés par le Conseil d’Administration : en cas de divergence entre un avis du CS et le CA, une navette aura lieu pour rappeler les orientations stratégiques, faciliter la compréhension mutuelle dans le but d’obtenir un consensus.
Le CS s’appuiera sur les propositions et les recommandations de la Commission de la Stratégie Scientifique qui reprend les prérogatives de l’actuelle Direction Stratégique de la Recherche et comprendra notamment des membres du CS, des directeurs de laboratoires et la direction des Pôles.
Le CS sera chargé de présenter et de promouvoir notre politique auprès de la communauté nationale et internationale, auprès des collectivités locales et des industriels locaux.
Nous réaffirmons notre attachement aux laboratoires, qui assurent la dimension collective de la recherche, et sont menacés de délitement, de dispersion en petites équipes au traitement hétérogène.
Les listes “Ensemble” ont pour objectif de soutenir les laboratoires, de tirer l’ensemble de la recherche de Paul Sabatier vers le haut plutôt que de choisir quelques équipes et d’abandonner les autres, comme on voudrait nous l’imposer désormais dans le cadre du projet IDEX tel qu’il a été défendu par l’équipe sortante. Nous revendiquons une politique exigeante pour tous, à même d’identifier les forces et faiblesses de nos laboratoires et de proposer, en partenariat avec les organismes de recherche, des évolutions quand c’est nécessaire.
Nous mettrons en place une stratégie scientifique visant à ce que les laboratoires et les pôles et axe définissent (en cohérence avec la politique scientifique des EPST) les projets scientifiques qu’ils portent en priorité, en les définissant dans leur intégralité, donc en prenant en compte l’équipement, le fonctionnement, les personnels -des techniciens aux chercheurs- et ceci dans la durée. Pour cela, le Conseil Scientifique et la présidence agiront en coordination avec nos partenaires, au premier rang desquels les organismes de recherche, afin qu’il y ait une cohérence entre les projets portés par les laboratoires et les financements. Cette coordination visera aussi à résorber la précarité qui s’est propagée dans la recherche et l’enseignement supérieur, et à réduire fortement le temps passé à chercher des financements.
Attentifs au quotidien des acteurs de la recherche
Il faut accompagner les enseignants-chercheurs, les personnels BIATSS et les directeurs de laboratoires dans leur quotidien, afin de permettre aux chercheurs de se concentrer sur l’activité scientifique. Nous souhaitons également faciliter une gestion souple du temps consacré aux diverses activités liées à la recherche.
Une grande part du travail affecté à la recherche est gaspillée à chercher à comprendre et à se conformer, souvent de manière rhétorique, aux cadres et aux critères. Pour faciliter la vie quotidienne, il faut réduire les strates institutionnelles, simplifier les procédures et le nombre d’appels d’offres.
Pour décharger autant que possible et accompagner les équipes, nous proposons la création d’un Bureau des projets qui apportera aux équipes des aides spécifiques (administrative et juridique) dans leurs réponses aux appels à projets nationaux, européens et internationaux et dans le développement de leurs partenariats.
L’UPS devra se démarquer des effets de mode ou d’un pilotage uniquement soucieux d’une efficacité économique à court terme, en assurant un financement récurrent minimal des laboratoires associés et en pérennisant les emplois indispensables au maintien des compétences.
Nous proposerons d’accompagner les équipes soit mal notées par l’AERES, soit non financées par l’ANR, ou encore hors des « modes » du moment, afin d’envisager les manières de surmonter cet « avertissement » et de rebondir : cela peut passer par une réorientation, une association à une autre équipe, ou un recrutement, en fonction de l’analyse rigoureuse et exigeante de la situation scientifique.
Nous favoriserons, par une politique incitative, un soutien de base et une réflexion intra- et inter-Pôles, l’émergence de nouveaux projets et équipes au cœur et aux frontières des disciplines. Nous développerons ainsi la recherche clinique et en santé publique.
De même nous renforcerons les actions de mutualisation et de mise en réseau des équipements mi-lourds et de plateformes technologiques par le soutien humain et financier, en lien avec les partenaires pour éviter les redondances.
Ces objectifs simples passent par une politique stable et ambitieuse de l’emploi BIATSS. Il faut veiller à compenser les pertes de compétences liées aux départs à la retraite, à répondre aux besoins précis exprimés par les laboratoires et à assurer une juste reconnaissance des activités des BIATSS dans les unités.
Enfin, pour assurer l’avenir de la recherche dans notre université, nous renforcerons le lien entre Recherche et Formation. Notre objectif est de développer la complémentarité entre ces deux missions de l’université et notamment au niveau des diplômes de Licence et de Master, afin de permettre aux étudiants d’intégrer aussi bien le monde de la Recherche et de la Formation que celui de l’Entreprise ou du monde socio-économique dans sa diversité.
En partenariat avec les Ecoles Doctorales et le Collège Doctoral du site le Conseil Scientifique doit élaborer la stratégie pour le Doctorat: favoriser l’équité entre les financements des doctorants et débattre des principes d’attribution mais aussi diversifier la formation des doctorants.
Construire Ensemble l’avenir du site toulousain
Les universités toulousaines ont obtenu l’IDEX ; il reste aujourd’hui à le construire, en permettant à l’ensemble de la communauté universitaire d’y prendre réellement part. Cela passe par une réorientation du projet afin de nous permettre de satisfaire nos missions de service public, et de respecter nos valeurs de collégialité et de démocratie.
Dans l’UT, l’UPS constitue un poids lourd. En ré-ouvrant ce dossier nos objectifs seront de promouvoir et renforcer la place de l’UPS comme acteur majeur de la recherche du site toulousain en termes d’approfondissement, de diffusion et de valorisation des connaissances, et de formation à la recherche.
Dans l’Idex, EX veut dire excellence mais en matière de recherche, la véritable excellence ne consiste pas à tout miser sur quelques domaines. Se recroqueviller sur un périmètre étroit constituerait à la fois un appauvrissement scientifique, une baisse de notre capacité de formation, une dégradation des retombées en matière d’innovation. Il est au contraire nécessaire de tirer l’ensemble vers le haut, de reconnaître l’aspect collectif de notre activité, de favoriser les coopérations entre toutes les disciplines, entre les laboratoires et le tissu socio-économique.
Ce projet ambitieux, nous le mènerons ensemble avec la participation de toute notre communauté.
Vous avez raison de dire que « la véritable excellence ne consiste pas à tout miser sur quelques domaines », ce serait en effet catastrophique. Le projet d’IDEX de Toulouse est parfaitement en ligne avec vous sur ce point, car on s’est battu pour que ses programmes d’actions (chaires, équipement, programmes transverses,…) soient ouverts à toute la communauté sans restriction aucune, périmètre ou pas. Ceci alors que le CGI demandait à ce que 80% du financement IDEX aille sur le périmètre d’excellence. Dans les 3 versions du projet toulousain (janvier, mai, décembre 2011), nous avons tenu bon là-dessus, et nos arguments ont finalement convaincu le jury. Dans l’esprit du texte finalement labellisé, une équipe « mal classée » (?) avec un projet d’excellence peut et doit se faire financer. Le seul échec dans ce domaine du « non fléchage » porte sur les « Strategic Thematic Actions » réservées à certaines thématiques précises et prédéfinies dans le texte UNITI. Rien n’est parfait! J’espère que vous trouverez ces précisions utiles.
Christian
Personnellement, je pense que les rédacteurs du projet Uniti (M. Christian Gollier en est un, apparemment) cherchent à jouer sur les mots. Après avoir rédigé en catimini un projet qu’ils craignaient eux-même, dès le début, devoir être massivement rejeté par la communauté, ils tentent maintenant de l’expliquer à ceux qui n’auraient pas bien compris. C’est une stratégie de la persuasion trop bien rodée. Ils espéraient sans doute qu’abasourdis par les millions pleuvant sur nos laboratoires, nous serions prêts à accepter toutes les conditions. Malheureusement, nous avons bien compris : dans son essence même, ce projet est exclusif, porteur d’une idéologie très autoritaire, et ressemble à s’y méprendre à une reprise en main irréversible de le communauté toulousaine par une minorité auto-proclamée excellente. L’argument « nous avons rédigé un projet extrémiste pour plaire au jury, mais nous le rendrons plus présentable maintetant qu’il a été accepté » ne tient pas : la convention, qui doit être signée le 15 avril et qui circule maintenant par courriel, dit textuellement que les signataires s’engagent à respecter le projet IDEX tel qu’il a été validé par le jury, sous les bons auspices du Commissariat Général à l’Investissement.